人文藝術類

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  •   Paul Verlaine (1844-1896) est l’un des poètes français lesplus connus des Chinois. Certains de ses poèmes traduitsen langue chinoise figurent parmi les plus lus et les plus appréciés de toute la poésie française. Deux d’entre eux, Chanson d’automne et Le Ciel est pardessus le toit, ont été maintes fois traduits par deux générations d’admirateurs. Mais, comment un poète d’expression française a-t-il pu séduire par la seule traduction de ses oeuvres un public dont la langue et l’héritage culturel sont si éloignés des siens ?
      Cet essai s’est donné pour tâche de découvrir le point où convergent deux axes esthétiques ou, plus précisément, l’intersection formée entre deux plages poétiques avec, d’un côté, la poésie verlainienne et, de l’autre, la poésie chinoise classique.
      保羅.魏崙(Paul Verlaine, 1844-1896)是中國最著名的法國詩人之一,部分詩作譯成中文後,成為中國最受歡迎和推崇的法國詩作,其中〈秋天的歌〉(Chanson d’automne)及〈天空〉(Le Ciel)兩首大受歡迎,中國詩人和譯者們紛紛較勁,爭相推出令人驚艷的翻譯。一個象徵主義派的法國詩人的詩作如何僅憑譯作,吸引文化差異深鉅的海外讀者大眾?
      這部作品意圖探究兩條美學軸線的匯聚,更確切來說,兩種詩--魏崙的法文詩和中國古典詩--的交集之作。
  • JIN Hengjie
    Jin Hengjie (金恆杰), alias Chin Dayhsi, né en 1934, écrivain et traducteur. Ayant enseigné à l’INALCO et à l’ESIT Paris III, il était professeur à l'Université centrale de Taiwan entre 1988 et 2000. Traducteur de La Religieuse de Diderot (Linking Books, Taibei 2002), il vient de publier la traduction chinoise des Liaisons dangereuses de Laclos par les Presses universitaires de Huadong Shifan Daxue à Shanghai.
  • Avertissement

    Introduction : La Situation de Paul Verlaine

    Chapitre I : La langue chinoise

    Chapitre II : Le langage poetique chinois

    Chapitre III : L’art poetique de Paul Verlaine

    Chapitre IV : Analyse d’un poeme

    Conclusion

    Bibliographie
  • La gloire
      Paul Verlaine a connu son heure de gloire. Il ne fut guère apprécié jusqu’en 1890. Il eut pourtant la consolation de se voir élu « prince des poètes » , en 1894, deux ans avant de mourir, et la génération suivante le préféra même à Rimbaud, Mallarmé et Apollinaire. Mais « il a fallu bien des années après sa mort pour que Verlaine fût reconnu comme l’un des plus grands poètes français. Il n’aurait pu l’être au temps du Parnasse, qui avait imposé à l’oreille et au goût certaines exigences d’ordre oratoire et de lumière d’atelier, et conservait ou ramenait plus ou moins le dogme classique qui veut que les vers soient beaux comme de la belle prose, avec quelque chose en plus. À quoi Verlaine a dit, profondément, non ». Ce propos d’A. Thibaudet tenu en 1936 est-il quelque peu triste ? Il a fallu en effect attendre la montée du symbolisme pour qu’il soit reconnu comme l’un des plus grands poètes français. Mais en attendant, Verlaine poursuivait son ascension. Le tableau que nous brosse en 1916 Bergen Applegate sous la rubrique The culte of Verlaine présente un panorama tout à fait prometteur. Déjà en 1910, la maison d’édition parisienne Messein sortit un Hommage à Verlaine, auquel ont collaboré un certain nombre d’hommes de lettres les plus en vue de l’époque.
      Vers la fin des années vingt les livres qui lui sont consacrét parlent toujours d’un écrivain dont la « gloire de poète, dans tous les pays, va toujours croissant ». Malgré son jugement sévère sur la personne de Verlaine, Valéry apprécie particulièrement la sensibilité musicale chez le poète : ses remarques très positives faites jusque dans les années 1934-1935 en témoignent.

    L’effacement

      Mais le vent tourne. Aujourd’hui, Paul Verlaine est toujours lu. Ses poèmes sont régulièrement réédités par quelques grandes maisons d’édition en France. Mais force est de constater qu’il est quelque peu délaissé depuis un temps considérable par la critique littéraire, malgré la préférence d’un André Gide qui, à côté des douze pages qu’il a accordées à Rimbaud, lui en a consacré vingt-sept dans son Antbologie de la poésie française. Il suffit d’examiner les bibliographies des quinze dernières années pour le constater : la critique littéraire le délaisse en faveur de Mallarmé, Rimbaud, Baudelaire et Victor Hugo. Partant de Baudelaire la critique contemporaine survole l’espace verlainien pour prendre Rimbaud et Mallarmé dans son collimateur. Verlaine reste incontestablement éloigné des préoccupations de la nouvelle critique. C’est à partir de Baudelaire, par exemple, que Roman Jakobson et Lévi-Strauss élaborent leur analyse structuraliste.
      [... ] le nom de Verlaine n’est pas le symbole d’un progrès, d’une victoire ou d’un échec ; les « nouveautés » mêmes des Romances sans paroles ont perdu de leur prestige lorsqu’on a commencé à mieux connaître Rimbaud. La fortune de Verlaine, considérable jusque vers 1900-1905, a été en décroissant jusque vers 1930.
      Cet effacement de Verlaine ne date pas d’hier. C’est à partir du surréalisme que son étoile pâlit et André Breton devait l’exécuter dans un verdict sans appel : « La surestimation de Verlaine a été la grande erreur de l’époque symboliste . » Mais il y en a de plus explicities :
      Art très influencé, personnalité effacée, ambiguë, naïve (d’une naïveté assumée et revendiquée), pensée théorique sans envergure, tous ces manques expliquent le discrédit de Verlaine, qui ne connut qu’une gloire éphémère avec la poésie décadente et l’art « fin de siècle ». Déjà Breton en réserve la lecture aux jeunes filles de province ; l’hostilité de Maurras ne désarme pas ; Béguin le rejette en affirmant qu’il s’est tenu « en dehors de ce grand mouvement baudelairien qui assigne à la poésie des ambitions métaphysiques et tend à en faire un instrument de connaissance ou de pouvoir» ; «il n’a pas de postérité littéraire », constate de son côté Cuénot, « parce qu’il n’a pas de style à léguer ». A. Adam insiste sur les revers de la naïveté : « Il reste incapable de s’élever très haut », « il porte atteinte à l’intelligence », estime ce critique averti, qui n’accorde à Verlaine aucune influence déterminante sur le développement de la poésie française. Enfin, dans la série de ses études thématiques, J.-P. Richard insiste sur la modestie des moyens et du dessein du poète dans un article qu’il intitule de façon significative : La fadeur de Verlaine.
      Si certains critiques ont tendance à s’attarder sur les traits sombres de la biographie du poète (alcoolisme précoce, violence caractéristique, tendance homosexuelle et d’autres“dérèglements”que nous nous épargnons d’enumérer), d’autres le trouvent peu rénovateur à côté de Rimbaud ou de Mallarmé. D’autres encore se lamentent sur ses œuvres de vieillesse. Au fur et à mesure que le temps passe, Verlaine sort du répertoire de la critique pour rester cantonné aux rayons des publications dites pédagogiques dont le ton est souvent apologétique :
      Cependant, la popularité et la notoriété de Verlaine sont stables, en dépit du dédain des puristes. Quelles sont les raisons de la survivance presque intégrale des premiers recueils ? Peut-on parler d’une poétique verlainienne, sans laquelle il n’y aurait pas, dans l’esprit du public, d’œuvre durable et fortement caractérisée ?